La dysmorphophobie
Miroir, mon vilain miroir...

Les gens qui souffrent de dysmorphophobie se focalisent, de manière quasi obsessionnelle, sur ce qu'ils considèrent comme un défaut physique. Ils ne voient pas leur corps tel qu'il est réellement mais plutôt comme ils l'imaginent. Ainsi, certaines personnes peuvent continuer de s'acheter des vêtements en taille 50 parce qu'ils se voient encore avec leurs kilos en trop, alors que ça fait déjà longtemps qu'ils sont passés au 42. Homme ou femme, tout le monde peut être touché et dans les cas les plus extrêmes certaines personnes envisagent d'avoir recours à la chirurgie esthétique.
Un désamour de soi douloureux
Pour Michèle Freud, psychothérapeute et auteure –notamment- de « Mincir et se réconcilier avec soi », « ce non-amour de soi, qui peut virer au vrai désamour, a peu à voir avec le physique réel, mais relève plutôt d’un manque d’estime de soi qui remonte souvent à l’enfance. Quand on a entendu plus de critiques acerbes que de compliments, qu’on a été peu valorisé, que le regard parental porté sur son aspect physique n’a pas été tendre, ou que de cruelles petites phrases ont été répétées… il est difficile d’apprendre à s’aimer tel qu’on est ».
Apprendre à changer son regard…
Dans le cadre d’une perte de poids, notamment, il est pourtant essentiel d’apprendre, en parallèle, à poser sur soi un regard plus doux et bienveillant. Surtout si on a tendance à ne voir que nos défauts et kilos en trop, sans s’accorder ni répit ni douceur dans le regard. Il ne faut pas oublier que, quand le schéma corporel change, le « nouveau soi » peut se révéler délicat à appréhender ! Il importe donc de mincir progressivement, pas trop vite, pour se familiariser avec la nouvelle image qui se dessine. Mais aussi, et avant tout, « il nous faut nous regarder avec tendresse, tel qu’on est. C’est un travail d’apprentissage et de réconciliation : faire focus les parties de soi qu’on aime, prendre soin de soi avec douceur, faire taire son critique intérieur, faire l’inventaire de ses qualités, chouchouter son apparence, se complimenter… » suggère Michèle Freud. « Ce travail sur le long terme doit mener à se traiter comme si on était sa meilleure amie ou une personne très chère ». Au lieu d’être notre pire ennemi, apprenons plutôt à devenir notre meilleur ami !