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La dysmorphophobie : « Un rejet obsessionnel de son propre corps »

Valérie Grumelin, psychothérapeute experte dans le domaine, nous explique l’origine de cette pathologie obsessionnelle, ainsi que la façon de la soigner.

Dernière mise à jour 19 février 2023
La dysmorphophobie : « Un rejet obsessionnel de son propre corps »

Passer des heures devant le miroir, s’isoler, se comparer sans cesse aux autres... Ces comportements typiques de la dysmorphophobie peuvent avoir de nombreuses conséquences sur la vie personnelle et professionnelle. « Il y a un rejet obsessionnel de son propre corps », explique Valérie Grumelin, psychothérapeute et auteur de six ouvrages de développement personnel. Selon le manuel MSD pour les professionnels de la santé, la dysmorphophobie est caractérisée par « une préoccupation concernant des défauts perçus de l'apparence physique qui ne sont pas apparents ou apparaissent légers à d'autres personnes ». La souffrance n’a donc rien à voir avec de réelles imperfections : « Toute la chirurgie esthétique possible ne suffirait pas pour soulager une personne souffrant de ce trouble, poursuit Valérie Grumelin. Elle devra faire un travail psychologique afin de changer la façon dont elle se perçoit ».

Une blessure d’enfance

Selon cette psychothérapeute, la cause principale de la maladie vient du regard perçu des parents pendant l'enfance. « Les personnes souffrant de dysmorphophobie ont généralement ce qu’on appelle une “blessure narcissique”, explique-t-elle. Elles ont l’impression de ne pas avoir été désirées ou de ne pas convenir telles qu’elles sont physiquement, pour leur sexe ou pour une autre raison ». Ayant la sensation de ne pas plaire à leurs parents, elles veulent absolument plaire. Elles deviennent ainsi obsédées par leur physique et par le regard des autres.

Les premiers signes de dysmorphophobie commencent à se manifester à l’adolescence. « Si l’adolescent n’a jamais été complimenté par ses parents sur son physique, cela peut avoir le même effet, ajoute Valérie Grumelin. Nous avons besoin d’être rassuré pendant l’enfance pour former une bonne image de nous ».

L'obsession avec le regard des autres

Une personne souffrant de dysmorphophobie pense que les gens regardent toujours ce qu’elle n’aime pas chez elle. Elle peut passer des heures à se maquiller, éviter des occasions de faire certaines activités, comme aller à la piscine ou simplement faire des rencontres. Elle finit donc par s’isoler. « Se couper ainsi du monde extérieur ne fait qu’amplifier ses émotions négatives et sa mauvaise image d’elle, précise la psychologue. Si ce n’est pas le nez qui ne va pas, ce sont les oreilles. Quand ce ne sont plus les oreilles, ce sont les yeux... Si la personne ne se fait pas soigner par un professionnel, cela peut être sans fin ». C’est pour cette raison qu’avec la dysmorphophobie, on parle d’une éternelle insatisfaction de son image.

Même si la dysmorphophobie est plus souvent présente chez les adolescents, elle existe aussi chez les adultes. « Pensant qu’on sera soulagé par un changement physique, telle la chirurgie esthétique qui est de plus en plus accessible aujourd’hui, on ne pense pas forcément à aller voir un thérapeute », explique Valérie Grumelin. Pourtant, selon cette psychologue, il y a beaucoup d’espoir pour les personnes souffrant de cette pathologie.

Se réconcilier avec son corps

« Il s’agit d’un problème profond qui se soigne à l’intérieur avec un psychologue », explique Valérie Grumelin. La première étape est de prendre conscience du fait que le problème n’est pas son aspect physique. « Ensuite, on débloque ce blocage émotionnel de l’enfance dû au manque de reconnaissance de la part des parents », poursuit-elle. Selon Valérie Grumelin, il suffit de deux ou trois heures de thérapie pour commencer à soigner la dysmorphophobie et à aimer son corps tel qu’il est.

Pour en savoir plus sur la dysmorphophobie, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Valérie Grumelin (www.valeriegrumelin.com), ainsi que son article consacré à ce sujet.